vendredi 4 octobre 2019

Bougainvilliers

Bougainvilliers (acrylique sur toile de lin - 73x60 cm)

     Je me souviens que le bougainvilliers tombait en cascade sur les murs du patio de ma grand-mère. Sa couleur se mêlait à celle des étoiles blanches du jasmin.  Les fleurs embaumaient l'intérieur de la maison.

      Comment représenter ce souvenir coloré et parfumé? J'aurais pu choisir de représenter les coroles rose fushia, mais ce qui me revenait surtout c'était la couleur, "les couleurs" devrais-je dire, et le mur, presque invisible,  entièrement recouvert de fleurs. L'émotion, c'était bien la couleur et les parfums.

     Dans ce tableau abstrait, le rose plus ou moins saturé se mêle aux touches de bleu du ciel et du jaune de la façade. Les chemins de noir sont le souvenir de ce qui n'est plus et qui revit grâce au pinceau.

     L'odeur était sucrée, entêtante, surtout le soir, dans l'atmosphère tiède de la nuit. Peut-être que les parfums peuvent aussi se peindre...






dimanche 29 septembre 2019

Pluie





     Sur cette photo, les gouttes de pluie glissant sur les carreaux me font penser à l'automne. J'adore ces petits ruissellements délicats....petits chemins sur la vitre qui m'évoquent la fraîcheur, l'herbe mouillée, les feuilles rousses, les larmes aussi.

      La nuit est tombée peu à peu sur Paris.

     J'entends un saxophone qui joue du jazz en bas, dans le salon. 

     La pluie, le jazz, la nuit font à eux trois un bel ensemble.


Crédit Photographique: E. Opigez

samedi 28 septembre 2019

Berthe Morisot au Musée d'Orsay

Berthe Morisot, Autoportrait, 1885, huile sur toile, 61x50cm


     Il y a de cela vingt cinq ans, la mère d'une amie m'avait offert une biographie de Berthe Morisot écrite par Dominique Bona. Je découvrais la femme avant de découvrir ses tableaux. La biographie est bien écrite. Berthe Morisot était presque un personnage de roman.
     Ce qui m'intéressa chez elle, c'était sa volonté de créer malgré la nécessité de devoir cacher un temps ce qu'elle faisait. 
     Elle devint une figure importante du mouvement impressionniste tout en restant par la suite dans l'ombre des Monet, Renoir, Pissaro... Ah, la, la, être une femme et créer quelle drôle d'idée...

      La rétrospective qui s'est tenue au Musée d'Orsay à Paris, je voulais la voir. Je voulais observer de près les tableaux, les coups de pinceaux, les couleurs. Quel dommage pourtant qu'il y ait tant de monde devant les oeuvres. Beaucoup de visiteurs prenaient en photo chacune d'entre-elle, laissant à l'objectif voir ce que leur oeil n'avait pas le temps de découvrir. 
     Je suis grande, heureusement... j'ai pu voir certains morceaux de tableaux entre crânes dégarnis, téléphones portables et chapeaux... Mais je reste déçue par une telle affluence (les impressionnistes sont très prisés même un samedi matin...).
     Dans la dernière salle, Berthe Morisot nous regardait, très belle, la posture fière. Elle était en train de travailler, tenant palette et pinceau. Cette salle était presque vide. Les visiteurs sortaient rapidement pour s'engouffrer vers les stands de cartes postales, magnets et objets en tout genre installés à la sortie de celle-ci.

     J'irai revoir les tableaux de Berthe Morisot au Musée Marmottan Monet un autre jour. il n'y a pas toutes les toiles exposées par le Musée d'Orsay certes, mais je pourrai m'approcher des coups de pinceaux et des couleurs plus librement. Et puis, j'irai saluer le bel autoportrait.



jeudi 26 septembre 2019

Guardamar...souvenir de ce qui n'est plus.

                                  
Guardamar 1 (  Acrylique sur toile de lin - 92x73 cm) 


Guardamar del Segura, celui que je connaissais n'est plus...

Dans les années 70, enfant, j' allais dans le petit bois de pinèdes qui bordait la plage de Guardamar del Segura avec mes parents, mes arrières oncles, mes arrières tantes, mes cousins, cousines pour déguster une paëlla les dimanches du mois d'août. C'était la liberté, le citron qui giclait sur les gambas et les visages. En dessert, une pêche délicieuse nous rafraîchissait.
J'entends encore les cigales, le bruit des vagues. Je sens les pins, le sable brûlant les pieds. Je vois le ciel turquoise et l'ombre merveilleuse des pins.

...Aujourd'hui, des immeubles gigantesques ont remplacé les arbres qui empêchaient la mer d'avancer sur les terres. Il  reste des arbres certes, mais si peu par rapport à avant. Peut-être n'est-ce qu'un ressenti, peut-être pas...

Guardamar celui "qui garde la mer"...



jeudi 7 juin 2018

Exposer l'art dans les salons.


     Lorsque l'on souhaite exposer aujourd'hui de l'art (peinture, sculpture, installation...) il est difficile de ne pas penser aux salons qui fleurissent dans toute la France, en Europe et ailleurs. l'artiste y expose moyennant finance (à des prix parfois très élevés, à savoir, 1000, 2000 euros et parfois bien plus selon la taille du stand). Difficile donc d'y aller sans hésiter...
    Certains de ces salons vont être sélectifs, d'autres beaucoup moins, avec en tête surtout la vente des emplacements. Il est de la sorte très compliqué pour l'artiste novice ou peu intéressé par toutes ces considérations financières de choisir un salon plutôt qu'un autre. Parfois, il ne choisit plus, il pense à d'autres lieux, des lieux où l'échange désintéressé est plus possible, ou l'achat d'une oeuvre se fera parce qu'elle vient après une rencontre, un début de lien et non pas parce que la couleur bleu ou le collage c'est "trop joli"! "trop tendance"...

J'aime l'art qui construit du lien, des pensées, des émotions (toutes et pas seulement les "toutes mignonnes" qui sont en fait des non-pensées, des émotions contraintes, maîtrisées).
J'aime l'art qui n'est pas "que" technique, j'aime l'art qui est coeur, entrailles, cerveau...me risquerai-je à dire "viscères"...
J'aime l'art qui bouscule, qui dérange, qui surprend, qui donne à réfléchir.







vendredi 12 janvier 2018

Qu'est-ce qu'une oeuvre d'art?



Au fil de mes lectures...Je me pose la question de ce qu'est une oeuvre d'art. Je cherche, je m'interroge, je me questionne...

Henri Maldiney, philosophe, donne une réponse, dans Ouvrir le rien, l'art nu. Cette réponse peut aussi être lu comme une énigme, le début d'un nouveau questionnement.


 "Une œuvre d’art -si elle est une – est incomparable. Non seulement elle n’est l’image de rien, mais elle n’offre aucune image d’elle-même – au sens ou Heidegger dit «qu’un étant se manifeste immédiatement comme image» et que «le mode le plus courant de se former une image est l'intuition empirique de cet étant». «Image désigne aussi, dit-il, en un sens second, le décalque ou la copie d'un tel étant et ce décalque peut à son tour être reproduit». Quel qu'en soit le niveau ou l'étage, il n'est d'image que d'une objectité : objet ou archétype objectif. Or une œuvre d'art n'est pas un objet, elle existe. Son existence ne consiste pas à se mettre en vue mais à donner à voir et à être. L’art n'est pas un objet de représentation. Il est une forme de présence. La présence n'a pas de signe."

Henri MALDINEY, Ouvrir le rien, l’art nu. Editions encre marine, 2000. p. 27

jeudi 14 décembre 2017

Comment vient l'inspiration?...



La cape (détail)


     "Comment vous vient l'inspiration?", c'est la question qui m'a été posée au cours de ma dernière exposition... mais c'est aussi une phrase qui revient sans cesse. Quel est le mystère de l'inspiration? Pourquoi cette personne peut-elle créer cette chose? D'où cela lui vient-il? Et en arrière-plan: "Pourquoi pas moi?" 

     L'inspiration a souvent été considérée comme un souffle d'origine divine, une "sorte de souffle émanant d'un être surnaturel, qui apporterait aux hommes des conseils, des révélations(...)" *, un souffle créateur.

     L'inspiration c'est aussi l'action de faire rentrer de l'air dans les poumons, une action oh combien vitale!

    Pour moi, l'inspiration est une dynamique qui se construit tout au long de la vie de chacun. Nous sommes des humains "dans" le monde, nous ne pouvons faire l'impasse de celui-ci dès notre naissance. L'éducation, les liens ou les non-liens que nous construisons avec les autres, ce que nous voyons du monde, ce que nous lisons, étudions, vivons, va construire une multitude d'expériences qui vont nous impacter. 

     L'inspiration c'est peut-être ça, "respirer" le monde, le faire sien, construire une pensée et avoir ensuite le désir d'en faire autre chose pour "dire" un monde particulier, personnel, entre émerveillement, joie, révolte, peine, souffrance...le panel des émotions humaines.



* Le Petit Robert 1






mercredi 29 novembre 2017

Noir


                                                                       NOIR:

"Se dit de l'aspect d'un corps dont la surface ne réfléchit aucune radiation visible; de la couleur la plus foncée qui existe"*



Mausolée

      Le noir est pour moi une couleur inspiratrice...

     Pour le peintre, elle est couleur de l'encre fluide, l'huile brillante et irisée, l'acrylique épaisse. Pour l'écrivain, elle est mots,  pensée, poésie. Pour le musicien, elle est notes de musique.

     Le noir existe pour lui seul mais j'aime aussi lorsqu'il ponctue,souligne, cerne les autres couleurs. Il attire le regard, rapproche, éloigne. Il est mystérieux, mystique, sensuel, révolutionnaire, nocturne...

*Dictionnaire le Robert Micro.

mercredi 22 novembre 2017

Exposer...Comme c'est étrange...

     Exposer...quelle drôle d'idée...



Quand on cherche le mot "exposer" dans le dictionnaire du Petit Robert, cela a de quoi faire peur:

1) Exposer: Disposer de manière à mettre en vue.
2) Exposer (quelqu'un à): Mettre dans une situation dangereuse-Risque de perdre.
3) Exposer: Présenter en ordre (un ensemble de faits, d'idées), décrire, énoncer, raconter.

     "Mettre en vue", "situation dangereuse", "risque de perdre", "présenter en ordre"...C'est donc se qui ce passe lorsque qu'on expose, lorsqu'on "s'expose"?

     Peut-être... c'est ce qui rend le "passage à l'acte" (encore une expression dangereuse) délicat...Ce passage coûte à l'artiste (dans tous les sens du terme), le met en danger comme il lui permet de raconter et d'écouter les histoires d'autres qui découvrent ce qu'il a produit. 

     En exposant il va connaître (en désordre) le partage, le dédain, la bienveillance, la fausseté, la colère, la joie, l'humour (essentiel l'humour pour survivre à tout ça...)...

     Mais alors, faut-il être un peu fou pour exposer, pour s'exposer? Un peu je le crois...

    Exposer...quelle drôle d'idée...


dimanche 19 novembre 2017

A la recherche du temps perdu...

     A la recherche du temps perdu à Illiers-Combray...

     Pour vous qui aimez, pour vous qui souhaitez découvrir l'univers de Marcel Proust, la maison de vacances d'enfance de l'écrivain est à visiter dans l'Eure-et-Loir.

      C'est un endroit silencieux où règne le chuchotement, presque un pèlerinage. L'association "Les amis de Marcel Proust " a reconstitué la maison telle qu'elle était à l'époque des séjours de Proust.
     Son oncle, de retour d'Algérie, avait donné une coloration orientale délicieuse et dépaysante à cette maison...






      Vous y découvrirez le lit du petit Marcel Proust avec, sur la table de chevet, le roman François le Champi de Georges Sand.


      Des personnes passionnées par l'écrivain vous recevrons et pourrons répondre à vos questions...

 Je vous souhaite une très belle visite.

Myriam Amoros

Crédit photographique: E. Opigez

vendredi 17 novembre 2017

Le château de Monte Cristo.


  Connaissez-vous le Château de Monte Cristo? Non? Je ne le connaissais pas moi non plus jusqu'à ce que je lise un article sur les châteaux méconnus autour de Paris....

     Il faisait beau ce dimanche-là (c'était un après-midi d'octobre) et nous prîmes la route vers Port-Marly.
     Avant d'arriver, la banlieue parisienne, les autoroutes, les grands bâtiments minéraux puis une route bordée par la forêt, les arbres aux couleurs dorés de l'automne, les feuilles qui s'envolent.
     Nous arrivâmes dans un parc vallonné, ombragé, poétique...Des glouglous de petites cascades qu'Alexandre Dumas semblait apprécier d'entendre lorsqu'il travaillait. Le château d'If (cabinet de travail de l'écrivain).

 Puis, en se retournant, le château de Monte Cristo (d'Alexandre Dumas) dans son écrin de verdure...


     A l'intérieur, un salon extraordinaire de couleurs et de fraîcheur très oriental.


      Je ne vous en dis pas plus...Si vous le pouvez, aller visiter ce lieu où l'architecture du XIXème se marie si délicatement au foisonnement d'un jardin anglais.

Myriam Amoros.

Bougainvilliers

Bougainvilliers (acrylique sur toile de lin - 73x60 cm)      Je me souviens que le bougainvilliers tombait en cascade sur les murs du p...